La chute de cheveux, ou alopécie, est un phénomène complexe, influencé par de nombreux facteurs. Parmi eux, les hormones androgènes jouent un rôle clé, aussi bien chez l’homme que chez la femme, notamment à certaines étapes de la vie comme la ménopause. Comprendre les mécanismes hormonaux permet de mieux cibler les traitements et de proposer des solutions adaptées à chaque profil.
Les androgènes : un acteur majeur de l’alopécie
Les androgènes sont des hormones sexuelles mâles, présentes chez les hommes comme chez les femmes, mais dans des proportions différentes.
La testostérone, hormone androgène bien connue, est naturellement produite par les testicules, les ovaires et les glandes surrénales.
Sous l’action d’une enzyme appelée 5-alpha-réductase, la testostérone est transformée en dihydrotestostérone (DHT), une molécule beaucoup plus active au niveau du cuir chevelu. Or, la DHT est directement impliquée dans l’alopécie androgénétique, les cheveux deviennent plus fins.
Il existe deux types de cette enzyme :
- Type 1
- Type 2 (principalement impliqué dans la chute de cheveux)
Bloquer la DHT : une stratégie efficace
Des médicaments appelés inhibiteurs de la 5-alpha-réductase permettent de limiter la conversion de testostérone en DHT :
- Le finastéride (bloque uniquement le type 2)
- Le dutastéride (bloque les deux types 1 et 2)
Le finastéride
Le finastéride (propecia) est utilisé dans le traitement de l’alopécie masculine, il est reconnu pour ralentir la chute et favoriser la repousse, mais avec des effets secondaires parfois considérables, avec une prise par voie orale, comme une baisse de libido, des troubles d’érection, douleurs testiculaires, risque de malformation fœtales et d’infertilité, symptômes dépressifs. Cette molécule est désormais disponible en gel et en lotion pour une application topique, avec un passage systémique plus faible qu’en comprimé dans le but de diminuer les effets secondaires.
Le dutastéride
Le dutastéride (nom commercial Avodart®) est plus puissant, bien que non approuvé par la FDA (Agence américaine du médicament) pour le traitement de l’alopécie. Il est actuellement indiqué pour l’hypertrophie bénigne de la prostate. Son élimination est bien plus longue que le finastéride.
Ménopause et chute hormonale : un défi pour les femmes
Des études ont montré que chez la femme, la chute de cheveux peut survenir ou s’intensifier après la ménopause. En cause, la sécrétion d’androgènes par les ovaires et les glandes surrénales n’est plus compensée par la sécrétion des hormones œstrogènes et progestérones. Cet équilibre est rompu, laissant la DHT agir plus librement sur les follicules pileux.
Les traitements hormonaux de substitution (THS), qui pourraient rétablir cet équilibre ne sont pas toujours possibles, notamment s’il y a des antécédents de :
- Cancer du sein
- Problèmes vasculaires
- Phlébite
- Embolie pulmonaire
Quelle contraception choisir quand on souffre de perte de cheveux ?
Pour les femmes plus jeunes, certaines pilules contraceptives à base d’éthinyloestradiol qui ont des propriétés anti-androgènes, peuvent être une aide précieuse.
En revanche, les anti-androgènes, tels l’acétate de cyprotérone (ANDROCUR®) ne sont plus administrés car ils peuvent favoriser le développement de tumeur cérébrale (méningiome).
Certains traitements restent possibles avec des lotions topiques contenant de l’œstradiol et /ou de la progestérone.
Des diagnostics approfondis sont parfois nécessaires.
Chez certaines patientes, la chute de cheveux peut être liée à un syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), une pathologie hormonale fréquente. Une enquête pluridisciplinaire (gynécologique, endocrinologique, dermatologique) est alors nécessaire pour poser un diagnostic précis et proposer un traitement adapté.
L’étude génétique, un outil précieux.
Grâce à une étude ADN, il est désormais possible d’analyser les prédispositions individuelles à l’alopécie. Ces tests permettent de mieux comprendre les causes spécifiques de la chute de cheveux et d’identifier les cibles thérapeutiques les plus pertinentes.
Il est important de souligner que la dysrégulation hormonale, bien que fréquente, n’est pas toujours le facteur dominant. Des causes vasculaires, inflammatoires ou même allergiques peuvent être impliquées et doivent être explorées.
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